Aux origines de Fassiphone
Originaire de Fès, le jeune Abdennasser Benjelloun n’a que treize ans quand on son beau-frère Hadj Driss Ben Yahya, décide de constituer une maison de disque pour enregistrer les musiciens de son entourage. À cette époque, en 1982, Hadj Driss est déjà bien intégré dans le milieu artistique de la cité fassie, il dirige son orchestre et possède une boutique de disques vinyles et de cassettes. Si des noms comme « Fès disque » ou « Fès musique » sont déjà pris, le jeune Abdennasser propose de nommer le nouveau label « Fassiphone », « Fassi » en référence à la ville et « phone » pour ce qui relève de la « phonographie ».
La maison de disque commence avec des petits moyens et réalise directement les enregistrements dans les appartements de Hajd Driss ou de son frère. De même, le label se procure un petit duplicateur cassette, qui permet simplement de reproduire le master d’origine en trois exemplaires. Alors qu’il poursuit ses études, c’est Abdennasser qui est en charge de ces opérations.

En 1987, alors qu’il n’a que dix-huit ans, Abdennasser Benjelloun a la chance de venir en Europe et plus particulièrement en Belgique. Il y retourne en 1989 et décide de s’y installer. Rapidement, il achète des cassettes à son beau-frère et parcourt le continent avec une petite camionnette pour les distribuer. En 1994, on propose à Abdennasser une boutique rue de Brabant à Bruxelles. Alors que toutes les grandes maisons de disques du Maghreb sont toutes installées près de la Gare du Midi, Hadj Driss et son fils Adil décident de venir en Belgique visiter la boutique et en reviennent convaincus. Le 1er novembre 1995, un nouveau label du nom de « Fassiphone Belgium » est créé.
En 1999, la société se développe acquiert tout une immeuble à Schaerbeek, rue du palais. Le bâtiment est vaste : on installe au rez-de-chaussée l’administration, au premier et au second étage le stock CDs et cassettes, au troisième étage une usine de duplication et, à partir de l’an 2000, au quatrième étage un tout premier studio. Amaury Crickx, ancien ingénieur du son de Fassiphone se souvient des sessions d'enregistrement.
Au début des années 2000, Abdennasser Benjelloun fait la rencontre de Jalal El Hamdaoui, musicien, compositeur et chanteur originaire d’Oujda qui marquera durablement le son du label.
Chez Fassiphone, le compositeur modernise le reggada et les chansons de mariages. Jalal est par ailleurs compositeur et arrangeur pour le compte d’autres artistes de Fassiphone. Il composera des tubes comme « Goulou l’mama » chanté en duo avec Rayan, mais aussi « Ya Nassi » pour la chanteuse Rima, ou encore la chanson « N’zour Nebra » qu’il interprétera en duo avec le chanteur Driver.
En 2004, le label Fassiphone Belgium décide de produire un titre qui le rendra célèbre.
Pour l’album « Ahwa Hawak » de la chanteuse syrienne Rima, le label décide de reprendre une chanson de raï intitulée « Kiyti Mahlali Noum ».
Originellement interprétée par Cheba Fadela, la chanson est tirée d’un recueil de poèmes du célèbre auteur algérien Mustapha Ben Brahim. Pour la version de Fassiphone, la composition est retravaillée autour d’un duo : au côté de la voix éclatante de Rima c’est la voix de Cheb Rayan, jeune chanteur de la région de Tanger, qui est choisie. Abdennasser Benjelloun écrit lui-même de nouvelles paroles et renomme la chanson « Dana Dana ».
L’arrangement du morceau est également revu sous la supervision de Jalal El Hamdaoui et un clip est réalisé par Olivier « Saber » Rodriguez dans les locaux de la Gare Maritime de Tour et Taxi à Bruxelles.
Au tournant de l'année 2010, le label Fassiphone engage le producteur Jalal, Douzi, le chanteur belge David Piccolo et le groupe Jil Jilala pour produire une nouvelle version du très célèbre morceau "Laayoune Aynia".
A cette occasion, un clip est même tournée par Brahim Chkiri avec d'importants moyens au Maroc.
Véritable succès, la nouvelle version de Fassiphone parvient aux oreilles de Son Altesse Royale Mohammed VI qui, en témoignage de sa reconnaissance, décide d'adresser à Abdennasser Benjelloun une lettre autographiée de sa main.

Au début des années 2000, la télévision se développe et Fassiphone aussi. Avec la rencontre d’Olivier Rodriguez, réalisateur pour l’émission « Noujoum Al Hijra » produite par Mustapha Elbied, Fassiphone commence à produire un nombre important de clips vidéos pour les chaînes télévisées. La plupart de ceux-ci sont réalisés avec les moyens du bord à Bruxelles ou dans les environs. Sur les différents plateaux de ces réalisations, une ambiance amicale règne. Les artistes sont invités à venir avec leurs amis aux talents divers, le but étant que chacun se sente bien pour réaliser la prise.
Ambiance Fassiphone
Installée au 222, puis au 125 rue de Brabant, la boutique Fassiphone est depuis le milieu des années 1990 une véritable ambassade de la culture musicale marocaine en Belgique. Chez Fassiphone on peut se procurer des cassettes du Maroc et de tout le monde arabe. Mais plus que cela, chez Fassiphone, ce que l’on vient rechercher c’est l’ambiance !
Depuis son origine, le label est habitué à organiser de grands concerts. En 1997, Fassiphone fait venir des artistes tels que Jedwane ou Saïd Naciri au Cirque Royal et provoque un attroupement devant la salle le soir de l’événement. S’en suivront d’autres concerts à l’Auditorium 2000 ou à Forest National, avec Tahour, Saïd Senhaji, Rachid Kasmi et bien d’autres.